N’hésitez pas à nous adresser vos témoignages pour partager vos impressions sur la Biblio-connection et la façon dont vous utilisez ce dispositif.

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Bintou Kanouté, Educatrice (Institut médico-éducatif Espoir)

« Notre coup de cœur lors du salon s’est porté sur l’activité biblio-connection. Cet outil est vraiment appréciable et intéressant pour l’accompagnement de ce genre de public et pour leur permettre d’entrer dans le monde des histoires ou des contes. Les enfants ont beaucoup apprécié et les éducateurs et enseignants également.

Dans le cadre d’un atelier bibliothèque et contes (que je mets en place au sein de mon groupe éducatif) cet outil serait vraiment très appréciable car il permet à l’enfant d’être acteur, la découverte du livre ne dépendra plus essentiellement de l’adulte. L’enfant ne sera pas simplement là pour écouter mais comme votre concept le précise bien « il entrera dans l’histoire », il aura une approche plus ludique de la lecture et de l’accès à l’imaginaire. Au vu des difficultés d’apprentissage de nos jeunes, cet outil aurait vraiment sa place dans leur accompagnement car il permettra de travailler sur le plan scolaire, au niveau de l’éducatif et au niveau de la rééducation. Il serait donc investi par les différents professionnels de l’établissement (éducateurs, enseignants, thérapeutes…) »

Maud Blanc, Collège Alain Fournier (Essonne)

« Nous sommes venus le vendredi 30 novembre avec un groupe ULIS (handicap mental). Élèves entre 12 ans et 16 ans avec un niveau très hétérogène. Les élèves étaient impliqués car la lecture était ludique, attractive et tenait compte de l’hétérogénéité des élèves (non lecteur, lecteur débutant ou lecteur confirmé) ce qui n’est pas le cas au quotidien.

Les élèves étaient contents de lire tous ensemble sur un support visuel et interactif. Des échanges ont eu lieu entre les élèves sans qu’un adulte intervienne. L’apport dans la pratique : partager les lectures en groupe-classe et travailler sur des dialogues, avec des supports théâtre par exemple. Egalement, travailler avec les non-lecteurs sur le repérage spatial des mots et de la lecture. »

Myriam Revial, Médiathèque de l’hôpital de Garches

« Face à l’interactivité de la Biblio-connection, il faut garder à l’esprit qu’une phase essentielle de nos séances consiste en la visualisation, l’identification et la mémorisation de la position des mots importants dans le texte afin que les enfants atteints de graves troubles cognitifs accèdent à la compréhension du texte. Pour les enfants handicapés (para ou tétraplégiques) il s’agit plus spécifiquement de leur faire bénéficier des avancés technologiques appliquées au handicap. Pour tous il s’agit de répondre aux besoinsculturels des enfants hospitalisés.

 

Usages et pratique : du jeu à la pédagogie
Chaque séance, a été précédée d’une présentation de la Biblio-connection et des livres papier issus du corpus numérisé.
Nous avons ensuite procédé aux explications liées à la signalétique de l’application technologique, tracée au sol : rester derrière la ligne horizontale de reconnaissance de la Kinect ; appuyer avec le pied droit sur la croix droite pour entrer dans un livre ; appuyer avec le pied gauche sur la croix gauche pour quitter ; le balai gestuel des bras pour avancer ou reculer dans la bibliothèque virtuelle. En ce qui concerne les enfants para ou tétraplégiques utilisant des interfaces (souris, connecteur…)  nous présentons le cadre de navigation.


Pendant les séances, nous avons pu constater que cette nouvelle manière d’investir la lecture permettait aux enfants atteints de dyspraxie de s’approprier peu à peu la lecture sans se soucier de l’objet même du livre, du fait de sa dématérialisation.
Au départ, leurs mouvements furent forcément trop rapides et maladroits. Mais, l’aspect interactif et ludique a rendu possible aux enfants de se focaliser sur la coordination de leurs gestes pour faire avancer les pages du livre, jusqu’à ce que cela en devienne un jeu… presque naturel, réussissant à appréhender la place de leur corps dans l’espace, car, rappelons que pour ces enfants la représentation de « l’image corporelle » est au cœur du handicap.


Les enfants dysphasiques, eux, s’attachaient davantage aux illustrations qui défilaient au rythme des gestes de leurs camarades. C’est alors que nous avons pu constater que la lecture à haute voix notamment d’Akissi, leur permettait de s’habituer à l’oralité des pages. Si bien qu’au terme d’une des séances, ils nous demandèrent s’ils pouvaient – de manière autonome- lire un des livres papier issus du corpus dématérialisé. Nous avons à l’esprit le souvenir d’un enfant dysphasique qui prit –seul – l’un de ces livres, cherchait une place confortable, puis s’assit pour s’entraîner à la lecture… Dès lors, on constate que la Biblio-connection éveille le désir de retrouver le livre papier.
Les différents supports de l’offre littéraire de la Biblio-connection (lecture audio, LSF, audio-description, …) nous ont également permis de faire découvrir aux enfants d’autres moyens de communication, et en particulier la langue des signes.
Cette prise de conscience que d’autres enfants puissent aussi être atteints d’un handicap (surdité, déficience visuelle, par exemple) - et qui nécessitent, pour l’accès à la lecture, des interfaces adaptées – a capté véritablement leur attention. Cette sensibilisation permit aux enfants de se sentir moins isolés dans leur handicap.
Enfin, nous avons pu observer que la lecture à haute voix rend possible la mémorisation des mots entendus : avant que les personnages n’énoncent eux-mêmes les dialogues, ils sont précédés par la verbalisation des enfants, lors du deuxième passage de l’histoire favorite (celle d’Akissi).


L’application a suscité beaucoup d’effervescence de par sa parenté avec la console de jeu vidéo, la WII. Un enthousiasme qui a permis aux enfants de s’autonomiser en s’organisant eux-mêmes en petits groupes, s’échangeant la parole à tour de rôle dans la lecture de bande-dessinée. C’est ainsi que les enfants atteints de dysphasie ont pu parvenir à s’investir dans le jeu, et à fournir des efforts concluant dans la verbalisation des mots, grâce notamment aux onomatopées, ou phrases plus longues parfois saccadées dont on accède à leur totalité en tournant les pages.


Chaque lecteur entretenait un rapport d’intimité avec la Kinect mais le caractère ouvert et ludique de l’application permettait aussi au jeune public positionné en arrière, d’aider l’enfant solitaire, favorisant ainsi un partage et une cohésion. De même que de séance en séance, nous avons remarqué que l’usage de la Biblio-connection permet à chacun de vivre un usage individuel et singulier de l’expérience de lecture à l’intérieur même du groupe.


Réaction des enfants
La Biblio-connection demeurant encore à l’état de prototype, à la fin de chaque séance, nous avons demandé l’avis des enfants afin de pouvoir renseigner le Salon de Montreuil quant aux besoins des enfants handicapés pour effectuer quelques modifications technologiques afin de faire avancer cette application.
Nous avons pu être témoins de leur enthousiasme quant à l’autonomie de leurs gestes qui suivaient une direction raisonnée pour aboutir à un résultat positif et motivant.
En revanche, le jeune public souhaiterait que la Kinect puisse procéder à une reconnaissance vocale afin qu’il puisse lire lui-même pendant qu’il tourne les pages du livre dématérialisé.


De plus, les enfants aimeraient que l’application technologique puisse leur laisser un temps pour répéter et aider à la mémorisation du texte.
Les enfants utilisant les interfaces (connecteur…) souhaitent que le cadre de navigation soit en dehors de l’image.


Dans l’enceinte de l’hôpital, la biblio-connection permet :

- Le partage des compétences (enseignants, ergothérapeutes, bibliothécaires)
- La mise en œuvre d’une pédagogie à travers le jeu, l’accès au livre et à la lecture
- Elle a apporté aux enfants une autonomie de chacun dans un groupe solidaire

- Favoriser un lien avec ce qui se crée et s’édite actuellement grâce au partenariat avec une institution reconnue du monde du livre et de l’édition
- En cela la Biblio-connection est une ouverture indispensable qui fait naitre et réaliser des avancées technologiques
- Une application, dont le caractère technologique constitue une passerelle vers la redécouverte du livre papier pour certains enfants »

 

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